
Le secret d’un soin aux huiles réussi n’est pas l’huile elle-même, mais de savoir si sa structure moléculaire lui permet de pénétrer ou de simplement gainer la fibre capillaire.
- Les huiles légères (coco) pénètrent le cortex des cheveux poreux, tandis que les huiles lourdes (ricin) restent en surface pour sceller.
- Appliquer une huile occlusive sur un cuir chevelu déjà engorgé peut aggraver la production de sébum et étouffer les follicules.
Recommandation : Diagnostiquer la porosité de vos cheveux et l’état de votre cuir chevelu est l’étape non-négociable avant d’appliquer la moindre goutte d’huile.
Vous avez tout essayé. Les masques gorgés de promesses, les sérums aux noms scientifiques, les après-shampoings qui lissent en apparence mais laissent vos cheveux inchangés sur le fond. La déception est souvent la même : un effet cosmétique éphémère qui s’estompe au prochain lavage, laissant place à une fibre toujours aussi sèche, cassante ou terne. Face à cet arsenal chimique, le retour au naturel, et plus précisément aux huiles végétales, sonne comme une évidence. L’oléothérapie, l’art de soigner par les huiles, est sur toutes les lèvres, présentée comme la panacée pour retrouver une chevelure saine.
Pourtant, cette transition est souvent semée d’embûches. On entend tout et son contraire : l’huile de ricin ferait des miracles sur la pousse, l’huile de coco serait l’hydratant ultime. On se lance alors dans des bains d’huile généreux, en espérant une transformation magique. Mais le résultat est parfois décevant : cheveux poisseux, lourds, ou un cuir chevelu qui graisse plus vite qu’avant. L’erreur n’est pas dans l’intention, mais dans l’approche. Penser que toutes les huiles se valent et qu’il suffit de les appliquer est une simplification dangereuse. La véritable clé ne réside pas dans le simple fait de remplacer un produit chimique par un produit naturel, mais dans la compréhension de l’écosystème capillaire et de la signature moléculaire de chaque huile.
Cet article vous propose de dépasser les conseils de surface. En tant que naturopathe spécialisé, je vous invite à plonger au cœur de la science du cheveu. Nous allons décortiquer ensemble pourquoi une huile pénètre la fibre et une autre reste en surface, comment la chaleur devient votre meilleure alliée, et pourquoi un diagnostic précis de votre chevelu est le prérequis à toute routine efficace. Vous ne choisirez plus jamais votre huile au hasard.
Pour vous guider dans cette démarche experte, cet article est structuré pour répondre progressivement à toutes vos interrogations. Vous découvrirez les principes fondamentaux qui régissent l’interaction entre les huiles et la fibre capillaire, pour ensuite maîtriser les gestes et les rituels qui feront toute la différence.
Sommaire : Le guide complet de l’oléothérapie pour une chevelure saine
- Coco ou Ricin : quelle huile pénètre vraiment le cortex et laquelle reste en surface ?
- Comment réaliser un rituel d’huile chaude pour décupler la pénétration des actifs ?
- Pourquoi utiliser une huile rance peut-il être plus nocif que bénéfique pour le cheveu ?
- L’erreur d’appliquer de l’huile de ricin sur un cuir chevelu qui étouffe déjà
- Quand intégrer l’oléothérapie : une cure intensive ou un rituel hebdomadaire ?
- Karité, mangue ou cacao : quel beurre végétal sauvera vos cheveux crépus ou très secs ?
- Comment booster l’efficacité de vos masques grâce à la chaleur contrôlée ?
- Comment booster l’efficacité de vos masques grâce à la chaleur contrôlée ?
Coco ou Ricin : quelle huile pénètre vraiment le cortex et laquelle reste en surface ?
Le débat entre l’huile de coco et l’huile de ricin est un classique. Pourtant, les opposer est une erreur fondamentale, car elles ne jouent tout simplement pas dans la même catégorie. Leur différence majeure ne réside pas dans leurs « pouvoirs » marketing, mais dans leur structure moléculaire. L’huile de coco est principalement composée d’acide laurique, un acide gras à chaîne courte qui lui confère un faible poids moléculaire. Cette petite taille lui permet de pénétrer la cuticule du cheveu (son enveloppe externe) et d’atteindre le cortex, là où se joue la véritable nutrition de la fibre. Elle nourrit de l’intérieur, ce qui en fait l’alliée des cheveux secs et surtout à forte porosité, dont les écailles sont ouvertes et « assoiffées ».
À l’inverse, l’huile de ricin est riche en acide ricinoléique, une molécule beaucoup plus large et visqueuse. Incapable de pénétrer le cortex, son rôle est tout autre : elle agit comme un agent filmogène. Elle reste en surface pour gainer la fibre, lisser les écailles et la protéger des agressions extérieures, tout en lui apportant de la brillance. C’est une huile de « finition » et de protection, idéale pour sceller l’hydratation sur tous les types de cheveux. L’une nourrit en profondeur, l’autre protège en surface. Comprendre cette dualité est la première étape pour une oléothérapie intelligente.
Ce choix dépend donc entièrement de votre besoin et de la nature de votre cheveu. Pour un cheveu à faible porosité, dont les écailles sont très fermées, une huile pénétrante comme la coco peut peiner à entrer et finir par l’alourdir. Il préfèrera des huiles encore plus légères comme le jojoba. Comme le montre le tableau suivant, chaque huile a une fonction précise.
| Caractéristique | Huile de Coco | Huile de Ricin |
|---|---|---|
| Pénétration | Pénètre le cortex (molécules petites) | Reste en surface (molécules larges) |
| Acide principal | Acide laurique | Acide ricinoléique |
| Action principale | Nourrit en profondeur | Gaine et protège |
| Texture | Légère, solide à 20-25°C | Visqueuse et épaisse |
| Cheveux adaptés | Haute porosité, secs | Tous types pour gainage |
Ainsi, les cheveux à faible porosité bénéficient davantage d’huiles légères comme le jojoba ou l’amande douce qui les protègent sans les saturer. En revanche, les cheveux à forte porosité, souvent abîmés par les traitements chimiques, requièrent des huiles plus denses comme le ricin ou le bhringraj pour sceller efficacement l’hydratation et combler les brèches de la cuticule. Le diagnostic de porosité n’est donc pas une option, mais le point de départ de toute routine.
Comment réaliser un rituel d’huile chaude pour décupler la pénétration des actifs ?
Appliquer une huile à température ambiante sur cheveux secs est le geste le plus commun, mais aussi le moins efficace, surtout pour les cheveux peu poreux. La clé pour transformer un simple bain d’huile en un soin profond réside dans un principe physique simple : la chaleur. Chauffer légèrement l’huile a un double avantage. D’une part, cela fluidifie sa texture, facilitant une application homogène et moins « grasse ». D’autre part, et c’est le plus important, la chaleur aide à soulever délicatement les écailles de la cuticule, ouvrant ainsi la porte aux actifs pour qu’ils pénètrent plus profondément dans le cortex.
Le rituel de l’huile chaude est un soin digne d’un spa que vous pouvez recréer chez vous. La méthode est simple et sécuritaire : ne chauffez jamais l’huile directement sur le feu ou au micro-ondes, ce qui détruirait ses précieux nutriments. Privilégiez le bain-marie. Placez la quantité d’huile nécessaire dans un bol en verre ou en céramique, puis déposez ce bol dans un récipient plus grand rempli d’eau très chaude (mais non bouillante) pendant quelques minutes. L’huile doit être tiède au toucher, jamais brûlante, pour ne pas agresser le cuir chevelu.
L’application se fait ensuite sur cheveux légèrement humides (vaporisez un peu d’eau florale pour un soin renforcé), mèche par mèche, en massant doucement des racines jusqu’aux pointes. La combinaison de l’humidité et de la chaleur crée un environnement optimal pour la pénétration des actifs. L’expérience sensorielle est également décuplée, transformant une routine de soin en un véritable moment de détente.

Une fois l’huile appliquée, l’étape suivante consiste à maintenir cette chaleur. Enveloppez votre chevelure dans une serviette chaude et humide, ou utilisez un bonnet de soin chauffant. Laissez poser de 30 minutes à plusieurs heures selon la nature de vos cheveux. Cet effet « sauna » maintiendra les écailles ouvertes et permettra à l’huile de diffuser lentement et complètement ses bienfaits au cœur de la fibre.
Pourquoi utiliser une huile rance peut-il être plus nocif que bénéfique pour le cheveu ?
Dans notre quête du naturel, nous avons tendance à penser que « végétal » rime avec « inoffensif ». C’est une grave erreur, surtout lorsqu’il s’agit de corps gras. Une huile végétale est une matière vivante qui, au contact de l’air, de la lumière et de la chaleur, s’oxyde. Ce processus, appelé rancissement, ne dégrade pas seulement ses qualités nutritives ; il la transforme en un produit potentiellement pro-inflammatoire et irritant. Appliquer une huile rance sur votre cuir chevelu, c’est comme nourrir votre peau avec des aliments avariés.
Une huile oxydée génère des radicaux libres, des molécules instables qui agressent les cellules du cuir chevelu et de la fibre capillaire. Loin de nourrir, elle peut provoquer un stress oxydatif qui fragilise le bulbe, accélère le vieillissement du cheveu et peut même contribuer à la chute. Le cuir chevelu, notre terreau fertile, est le premier touché. Comme le souligne une autorité en la matière, les conséquences peuvent être multiples.
Une huile oxydée peut perturber l’équilibre de la flore cutanée, favorisant les irritations, les démangeaisons et la prolifération de levures (Malassezia) responsables des pellicules
– Rodolphe & Co, Guide des bains d’huile capillaires
Le risque est donc bien réel : transformer un soin réparateur en un facteur de déséquilibre. La vigilance est de mise. Apprendre à identifier une huile rance est une compétence essentielle pour toute adepte de l’oléothérapie. Fiez-vous à vos sens : une odeur âcre, de « vieux carton » ou de « noix passée » est un signal d’alarme. Une couleur qui fonce anormalement ou une texture qui s’épaissit sont également des signes de dégradation. Pour éviter cela, la conservation est primordiale : privilégiez les flacons en verre teinté (ambré ou bleu) qui protègent de la lumière, et stockez-les dans un endroit frais et sec, à l’abri des variations de température de la salle de bain.
Votre Plan de Vérification Anti-Rancissement
- Test olfactif : Avant chaque usage, sentez votre huile. Une odeur suspecte, âcre ou rappelant le carton ou la vieille noix est un signe de rancissement. Jetez-la sans hésiter.
- Examen visuel : Observez la couleur et la consistance. Un assombrissement notable ou un épaississement inhabituel par rapport à l’état initial du produit doit vous alerter.
- Vérification de l’emballage : Privilégiez toujours les huiles conditionnées dans des flacons en verre ambré ou opaque, qui les protègent de l’oxydation par la lumière.
- Contrôle des conditions de stockage : Conservez vos huiles à l’abri de la chaleur directe (radiateur, soleil) et de la lumière. Un placard frais et sec est l’idéal.
- Respect des dates : Notez la date d’ouverture sur le flacon. La plupart des huiles végétales se conservent entre 6 et 12 mois après ouverture. Respectez la date de péremption indiquée.
L’erreur d’appliquer de l’huile de ricin sur un cuir chevelu qui étouffe déjà
L’huile de ricin, dense et visqueuse, est souvent vantée pour « fortifier » et « stimuler la pousse ». Si ses propriétés gainantes sont indéniables sur les longueurs, son application sur le cuir chevelu est un geste à proscrire absolument si celui-ci est à tendance grasse ou congestionné. Un cuir chevelu qui produit un excès de sébum est déjà dans un état d’asphyxie cutanée. Les follicules pileux sont engorgés, l’environnement est propice à la prolifération bactérienne. Y ajouter une huile aussi épaisse et occlusive que celle de ricin revient à mettre un couvercle sur une marmite qui déborde déjà.
Loin de réguler, cette pratique va aggraver le problème. L’huile va se mélanger au sébum, formant un film imperméable qui piège les impuretés, étouffe davantage les racines et peut paradoxalement accentuer la chute de cheveux. C’est un contresens biologique total. En effet, des recherches ont montré que l’utilisation de soins trop riches sur un cuir chevelu gras est contre-productive. Par exemple, une étude Beiersdorf de 2023 montre qu’un cuir chevelu gras exposé à un shampooing trop riche en silicones lourdes – un effet similaire à une huile occlusive – verra sa production de sébum augmenter de 22%. Le bon protocole est inverse : il faut d’abord détoxifier, puis traiter avec légèreté.
La première étape pour un cuir chevelu congestionné est une clarification douce, par exemple avec un masque à l’argile rhassoul ou à la poudre de Sidr, qui absorberont l’excès de sébum sans décaper. Ce n’est qu’ensuite qu’on peut appliquer une huile, mais pas n’importe laquelle. On choisira une huile végétale sébo-régulatrice et non-comédogène, comme l’huile de Jojoba, dont la composition est très proche de celle du sébum humain, ou l’huile de Nigelle, réputée pour ses propriétés purifiantes.
Le choix de l’huile doit donc être adapté à l’état du cuir chevelu, et non à une mode ou une idée reçue. Ce tableau synthétise les huiles à privilégier pour chaque problématique.
| État du cuir chevelu | Huile recommandée | Propriétés | Fréquence |
|---|---|---|---|
| Gras/Congestionné | Jojoba, Nigelle | Régulation du sébum | 1x/semaine max |
| Sec/Irrité | Coco, Avocat | Apaisante, nourrissante | 1-2x/semaine |
| Normal | Argan, Amande douce | Équilibrant | 1x/10 jours |
| Avec pellicules | Tea tree, Romarin | Antifongique | 2x/semaine en cure |
Quand intégrer l’oléothérapie : une cure intensive ou un rituel hebdomadaire ?
La question de la fréquence est centrale en oléothérapie. Faut-il réserver les bains d’huile aux situations d’urgence capillaire, ou les intégrer dans une routine régulière ? La réponse dépend entièrement de votre objectif et de la nature de vos cheveux. Il n’existe pas de règle universelle, mais deux grandes approches se distinguent : la cure de choc et le rituel d’entretien.
La cure intensive est une réponse ponctuelle à un besoin spécifique. Après un été au soleil et à la mer, une décoloration, ou une période de stress intense ayant fragilisé votre chevelure, une cure de plusieurs bains d’huile rapprochés peut être salutaire. Dans ce cas, on peut envisager un soin deux fois par semaine pendant deux à trois semaines, en choisissant des huiles et beurres très réparateurs (avocat, cacao, karité). L’objectif est de saturer la fibre en lipides pour combler les brèches et restaurer sa barrière protectrice. Une fois les cheveux visiblement « récupérés », il est crucial de réduire la fréquence pour ne pas les surcharger.
Le rituel hebdomadaire ou bimensuel, quant à lui, s’inscrit dans une logique de prévention et d’entretien. Il s’adresse aux cheveux qui sont globalement sains mais qui ont besoin d’un apport régulier en nutrition pour le rester. La fréquence s’adapte alors à la typologie du cheveu. Les cheveux très secs, frisés ou crépus, naturellement en manque de sébum, peuvent bénéficier d’un bain d’huile hebdomadaire. Pour les cheveux normaux, une fois tous les 10 à 15 jours suffit amplement. Enfin, pour les cheveux fins ou à tendance grasse, un soin mensuel ciblé sur les longueurs est largement suffisant pour éviter de les alourdir ou de sur-stimuler les glandes sébacées.
Le principe fondamental est l’écoute de son cheveu. Apprenez à observer sa réaction. S’il devient lourd, poisseux, c’est le signe que vous lui en donnez trop, trop souvent. S’il reste sec et rêche malgré les soins, il faut peut-être revoir le type d’huile utilisé ou la méthode d’application (en y ajoutant de la chaleur, par exemple). L’oléothérapie n’est pas une recette figée, mais un dialogue constant avec sa propre matière.
Karité, mangue ou cacao : quel beurre végétal sauvera vos cheveux crépus ou très secs ?
Lorsque les huiles liquides ne suffisent plus à dompter une sécheresse intense, notamment sur les cheveux très texturés de type 4b/4c, il est temps de passer à la catégorie supérieure : les beurres végétaux. Plus riches, plus denses, leur pouvoir scellant est incomparable pour maintenir l’hydratation au sein de la fibre capillaire. Mais comme pour les huiles, tous les beurres n’ont pas les mêmes propriétés. Choisir entre le karité, la mangue ou le cacao dépend de la finesse de votre cheveu et du niveau de réparation recherché.
Le beurre de karité est le roi incontesté pour les cheveux très secs et crépus. Très riche en acides gras et en vitamines, sa texture dense lui confère un pouvoir scellant exceptionnel. Il est parfait pour la méthode L.O.C. (Liquide – Huile – Crème), utilisé en dernière étape pour emprisonner l’hydratation. Le beurre de cacao, quant à lui, est encore plus dur et cassant à température ambiante. Il est particulièrement indiqué pour les cures de réparation intensive sur des cheveux abîmés et poreux, grâce à sa forte concentration en antioxydants qui luttent contre les dommages futurs.
Voici un aperçu des textures de ces précieux alliés, chacune répondant à un besoin spécifique de la fibre capillaire.

Pour celles qui ont des cheveux secs mais plus fins, ou qui craignent l’effet « carton » des beurres très denses, le beurre de mangue est l’alternative idéale. Plus léger et crémeux que le karité, il nourrit et adoucit sans alourdir. Il apporte de la souplesse et est plus facile à rincer. Le choix du beurre est donc un arbitrage entre pouvoir scellant et légèreté.
Le tableau ci-dessous vous aidera à y voir plus clair pour choisir le beurre le plus adapté à la texture et aux besoins de vos cheveux.
| Beurre | Pouvoir scellant | Texture | Meilleur pour |
|---|---|---|---|
| Karité | Très élevé | Dense, fondant | Cheveux 4b/4c très secs |
| Cacao | Élevé | Dur, fondant à 35°C | Réparation intensive |
| Mangue | Moyen | Crémeuse, légère | Cheveux fins mais secs |
| Murumuru | Élevé | Semi-solide | Pénétration + scellage |
Étude de cas pratique : la technique de la « chantilly de karité »
Un des freins à l’utilisation du beurre de karité pur est sa texture très dure, difficile à appliquer et à répartir. Pour contourner ce problème, la technique de la « chantilly » est redoutablement efficace. Elle consiste à faire fondre doucement 25g de beurre de karité au bain-marie, puis à le mélanger hors du feu avec 15ml d’huile de coco fractionnée (qui reste liquide à froid). En fouettant énergiquement le mélange (idéalement avec un batteur électrique) pendant qu’il refroidit, on obtient une texture aérée, légère et crémeuse comme une chantilly. Cette préparation permet une application beaucoup plus facile, une meilleure répartition sur les cheveux et évite l’effet « ciment » tout en conservant toutes les propriétés nourrissantes du karité.
Comment booster l’efficacité de vos masques grâce à la chaleur contrôlée ?
Vous avez trouvé l’huile ou le beurre parfait, vous l’avez intégré à votre masque favori, mais vous sentez que le résultat pourrait être encore meilleur. L’élément qui manque est probablement la synergie thermo-active. Comme nous l’avons vu pour le rituel d’huile chaude, la chaleur est le catalyseur qui transforme un bon soin en un soin exceptionnel. Appliquée sur un masque, elle permet d’ouvrir les écailles du cheveu et de forcer la pénétration des actifs (protéines, agents hydratants, lipides) au plus profond de la fibre capillaire.
Sans chaleur, un masque posé sur des cheveux peu poreux risque de rester majoritairement en surface, avec un effet limité et un rinçage plus difficile. L’apport de chaleur change complètement la donne, en particulier pour les cheveux qui ont du mal à absorber les soins. Cela ne nécessite pas d’équipement sophistiqué ; des techniques simples peuvent être mises en place à la maison pour créer cet environnement propice.
La méthode la plus connue est celle du « Greenhouse Effect » (GHE), ou effet de serre. Elle consiste à utiliser la propre chaleur du corps et à l’amplifier pour optimiser le soin. Ce protocole simple mais efficace est un véritable secret de beauté pour maximiser les bienfaits de n’importe quel masque capillaire, qu’il soit fait maison ou acheté dans le commerce.
Voici les étapes à suivre pour réaliser un soin profond grâce à la chaleur contrôlée :
- Préparation : Appliquez votre masque, enrichi ou non de quelques gouttes d’huile, sur vos cheveux propres et humides. Insistez sur les longueurs et les pointes, en répartissant le produit de manière homogène.
- Création de l’effet de serre : Couvrez l’ensemble de votre chevelure avec un bonnet de douche en plastique ou du film alimentaire. Cela va emprisonner l’humidité et la chaleur qui se dégage naturellement de votre crâne.
- Amplification de la chaleur : Enroulez une serviette chaude et humide (préalablement passée sous l’eau chaude et essorée) par-dessus le bonnet en plastique. La chaleur de la serviette va se diffuser et intensifier l’effet sauna.
- Temps de pose : Laissez poser le soin pendant au moins 30 minutes. Pour les cheveux très peu poreux, vous pouvez prolonger jusqu’à une heure pour laisser le temps aux écailles de s’ouvrir et aux actifs de pénétrer.
- Rinçage final : Rincez abondamment à l’eau tiède. Terminez par un jet d’eau froide ou un rinçage au vinaigre de cidre pour refermer les écailles, sceller les bienfaits du soin et apporter un maximum de brillance.
À retenir
- Le choix d’une huile (pénétrante vs gainante) doit être dicté par le diagnostic de porosité de votre cheveu, et non par les modes.
- La chaleur contrôlée (huile tiède, serviette chaude) est l’accélérateur indispensable pour faire pénétrer les soins au cœur de la fibre capillaire.
- Le cuir chevelu est un écosystème à part entière : une huile trop riche peut l’asphyxier et être contre-productive. Il nécessite un traitement spécifique et léger.
De la théorie à la pratique : construire votre routine d’oléothérapie
Vous l’aurez compris, l’oléothérapie est bien plus qu’une simple application d’huile. C’est une véritable science du soin, une approche holistique qui requiert observation, diagnostic et adaptation. Sortir de la logique des produits « miracles » pour entrer dans celle de l’écosystème capillaire est la plus grande avancée que vous puissiez faire pour la santé de vos cheveux. Chaque geste compte : le choix d’une huile à la bonne signature moléculaire, l’utilisation judicieuse de la chaleur, le respect du rythme biologique de votre cuir chevelu et la vigilance face à la qualité de vos produits.
Construire votre routine personnelle commence par une étape simple mais cruciale : le diagnostic. Prenez le temps de déterminer la porosité de vos cheveux (le test du verre d’eau est un bon début) et d’observer honnêtement l’état de votre cuir chevelu. Est-il sec et tiraillé ? Ou au contraire, a-t-il tendance à regraisser vite ? C’est cette cartographie initiale qui dictera tous vos choix futurs et vous évitera les erreurs les plus communes, comme celle d’alourdir un cheveu fin ou d’étouffer un cuir chevelu gras.
L’oléothérapie est un cheminement. Il y aura peut-être des ajustements, des essais pour trouver la combinaison d’huiles et la fréquence parfaites pour vous. Mais en vous armant des connaissances sur les mécanismes fondamentaux de la fibre capillaire, vous ne naviguez plus à l’aveugle. Vous devenez l’artisan de votre propre beauté capillaire, capable de composer des soins sur-mesure, réellement efficaces car parfaitement adaptés à vos besoins uniques.
Maintenant que vous détenez les clés de compréhension, l’étape suivante consiste à mettre en pratique ces savoirs. Commencez dès aujourd’hui par réaliser un diagnostic simple de vos cheveux pour enfin leur offrir le soin qu’ils méritent vraiment.
Questions fréquentes sur l’oléothérapie et les bains d’huile
À quelle fréquence faire un bain d’huile ?
La fréquence idéale dépend de votre type de cheveu. Pour les cheveux secs et crépus, une fois par semaine est bénéfique. Pour les cheveux normaux, un soin tous les 15 jours est suffisant. Enfin, pour les cheveux fins ou à tendance grasse, il est recommandé de ne pas dépasser un bain d’huile par mois, en se concentrant uniquement sur les longueurs.
Faut-il faire le bain d’huile avant ou après le shampoing ?
Le bain d’huile se réalise traditionnellement avant le shampoing. L’huile s’applique sur des cheveux secs ou légèrement humides et non lavés. Elle agit comme un soin pré-shampoing qui va nourrir la fibre et la protéger de l’effet potentiellement asséchant de certains agents lavants.
Peut-on dormir avec un bain d’huile ?
Oui, il est possible de laisser poser un bain d’huile toute la nuit pour un soin profond, à condition de prendre quelques précautions. Utilisez une quantité modérée d’huile pour ne pas saturer le cuir chevelu et protégez votre literie avec une serviette ou un bonnet de soin en soie ou en satin. Cette pratique est cependant à éviter si vous avez un cuir chevelu sensible, réactif ou à tendance grasse.